POÉSAÏQUE

I

Je suis le passage de l’écrit à l’oral
De la plume à la scène
De la trime à la gêne
De la rime, de l’humour à la morale

J’incite à la récitation, mais je suis une déclamation
Née d’une inflammation, et dans ton cerveau
Je mets beaucoup d’agitation
Je passe par des hésitations, des tergiversations
Et une bonne dose de prestidigitation

Je suis un silence parfois si dense, une souffrance
Et souvent, une délivrance
Plus que livresque, je suis une ivresse
De vie, facette aux mille fresques

Dans la guerre des maux, plus que des mots
Je suis une action, dans ce champ, une faction
Une fraction de ton savoir, je suis une friction
Une mixtion, une diction, je suis une passion
Plus qu’une émission de lettres, je suis une mission.

II

Je mets des accents sur des consonnes
Pour surfer sur des allitérations
Et des assonances de mes voyelles
Je donne du rythme à mon inspiration

J’étire ma plume sur des alexandrins
Mais c’est avec mon oreille que je compte les syllabes
Je ne connais ni hémistiches, ni coupe, ni césure
Mais quand je mets le point tout le monde apprécie, c’est sûr

Mais quand il s’agit de rimes, je deviens carrément snobe
Je ne fréquente ni les pauvres ni les suffisantes
Je ne parle qu’avec celles qui sont pleines aux as
Quant à choisir entre les masculines et les féminines
Ma foi, Je ne saurais être misogyne!

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