Le deuxième est le premier des derniers

Je suis le dernier poète sérère, Diamil,
littéralement: le magnifique,
Capable d’être comique, lyricalement pathétique,
et même romantique…
Oui, j’aurais pu être Eros, du temps de la Rome antique
Et il se dit que, partout où je passe, je laisse des traces
Indélébiles comme cette catastrophe de Tchernobyl
Mais la comparaison s’arrête là,
car mon ambition est d’être une solution
Et jamais, une pollution

Dans mon pays, il y a toujours du soleil
Alors, n’attendez pas de moi que je sois une star
J’ai les pieds profondément ancrés sur cette terre
Où des étudiants révisent très souvent sous les lampadaires
Sur cette terre, où des récipiendaires rentrent souvent
Avec des récipients qui ne peuvent même pas contenir de l’air
Que Dieu ait pitié de l’âme de mon père
Lui qui croyait, qu’avec leur médaille de vermeil
Il deviendrait “Moussa au pays des merveilles”
Heureusement que, depuis qu’il est parti au paradis, ma mère veille
Oui, j’ai les pieds profondément ancrés sur cette terre
Où trop de gens mangent avec le dos de la cuillère
Où, trop de gens ne font pas la distinction,
entre un gruyère et un camembert
Et encore plus bête,
on n’a même pas de quoi se payer la tête de cette vache qui rit
Certainement, de nos malheurs

Alors, je sais d’où je viens, qui je suis et là où je vais
Et justement, je ne vais nulle part,
je ne vais que là où mes pas me mènent
Et pour cette passion, je me démène, le trac me malmène
Mais à chaque nouvelle cible qui apparait, je dégaine
Avec la précision du chirurgien et le flegme du snipper
J’avais un destin de vulcanisateur, je suis devenu déclamateur
Acteur de ce slam, éternel combat
Mais dans ce game, amigo, il n’y a que les mots qui s’entretuent
Alors, je leur fais la cour, pour épouser leurs idéaux
Et si ma garde-robe est remplie de bas et de hauts
C’est parce que, toute ascension, se fait de bas en haut
Et court, que je sois pendu, si je ne flirte pas avec les étoiles

Mais, j’ai appris que la timidité est l’ennemi de l’artiste
Un manque de personnalité qui rend son art triste
Alors, j’ai mis des abdos dans mon esprit
Et des pectoraux dans mon inspi
J’ai appris à lutter, pour survivre dans cette arène
Et c’est en serrant les dents que je me suis musclé le cerveau
Slameur d’élite, je ne suis pas de ceux qui tirent sur le cerceau
Et si je ne joue pas ”dans” la bouteille
C’est parce que j’adore les tirs primés
Toujours sobre mais toujours premier
Car, le deuxième est le premier des derniers

Diamil MC, le 30 Mai 2014

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